La merditude des choses

‘Contrairement à la voiture, le train passe par les coulisses du monde, les belles maisons classées du quartier de la gare s’avèrent en réalité être des taudis.
Mais ces ruines ne se voient que depuis la voie ferrée.
Rien ne vous donnera une vue plus sincère de notre pays que le train.
regardez nos jardinets, nos pigeonniers et nos cabanes, admirez nos sous-vêtements qui sèchent dehors, contemplez nos nains de jardin, nos céleris, nos poireaux, nos vérandas et nos barbecues maçonnés, regardez comment dans les prairies les vaches font place à des monstres de brique bâtis par des gens sans goût, avec la complicité des banques, des monstres qui défigurent le paysage belge, prenez le train et regardez comment, immobiles, le long des voies, le marbre et le granit s’ennuient sous la poussière, offrant une dernière demeure à nos morts.’